
Impôts et taxes en Andorre : comprendre la fiscalité andorrane et optimiser sa situation légalement
La fiscalité est souvent l’un des premiers sujets étudiés lorsqu’on envisage de vivre, d’entreprendre ou d’investir en Andorre. La Principauté est connue pour ses taux d’imposition relativement modérés, fixés à 10%, que ce soit pour les personnes physiques ou les entreprises. L’impôt réellement dû dépend de nombreux éléments : votre résidence fiscale, la nature de vos revenus, votre activité professionnelle, la structure de votre société, votre patrimoine immobilier ou encore l’existence d’une convention fiscale entre l’Andorre et votre pays d’origine.
S’installer en Andorre ne suffit pas pour bénéficier automatiquement de la fiscalité andorrane. Il faut que la situation juridique, fiscale et économique corresponde réellement aux conditions prévues par la réglementation. Voici les principaux impôts et taxes à connaître pour comprendre le fonctionnement du système andorran et éviter les erreurs les plus fréquentes.
Quels sont les principaux impôts en Andorre ?
Le système fiscal andorran repose à la fois sur des impôts directs et des impôts indirects. Pour les particuliers, l’impôt le plus connu est l’IRPF, ou Impost sobre la Renda de les Persones Físiques. Il correspond à l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Pour les entreprises, l’Impost sobre Societats constitue l’équivalent de l’impôt sur les sociétés. À cela s’ajoute l’IGI, ou Impost General Indirecte. Son fonctionnement est comparable à celui de la TVA française ou de l’IVA espagnole. L’IGI est intégré au prix de nombreux biens et services consommés en Andorre.
Le système comprend également l’impôt sur le revenu des non-résidents fiscaux, appelé IRNR, ainsi que plusieurs prélèvements concernant notamment les transmissions immobilières, les plus-values, certains logements vacants, les assurances ou les investissements étrangers dans l’immobilier. Le portail fiscal du Gouvernement d’Andorre présente ces différentes catégories et les textes qui leur sont applicables.
Cette distinction est importante. Deux personnes disposant du même niveau de revenus peuvent avoir des obligations fiscales très différentes selon leur résidence, l’origine de leurs revenus et leur situation patrimoniale.
Comment fonctionne l’impôt sur le revenu en Andorre ?

L’IRPF concerne les personnes physiques qui ont leur résidence fiscale en Andorre.
Le taux général de l’IRPF est actuellement fixé à 10 %. Toutefois, cela ne signifie pas que chaque euro gagné est automatiquement imposé à 10 %. Le fonctionnement du dispositif tient compte du niveau et de la nature des revenus ainsi que de réductions, bonifications et déductions prévues par la réglementation.
Le Gouvernement d’Andorre indique notamment qu’un mécanisme conduit à un taux équivalent de 5 % pour certaines tranches de revenus comprises entre 24 000 et 40 000 euros. Des mécanismes existent également pour certaines situations de double imposition ou pour certaines activités économiques.
Les revenus concernés ne se limitent pas au salaire. L’IRPF peut notamment prendre en compte des revenus professionnels, des revenus immobiliers, certains revenus de capitaux mobiliers ainsi que des gains ou pertes en capital, selon les règles applicables à chaque catégorie.
Qui est considéré comme résident fiscal en Andorre ?
La résidence fiscale est l’un des points les plus importants à comprendre avant toute installation.
Le critère le plus connu est celui des 183 jours. Une personne qui demeure plus de 183 jours au cours de l’année civile sur le territoire andorran peut être considérée comme résidente fiscale. La réglementation tient également compte du lieu où se trouve le noyau principal ou la base des activités et des intérêts économiques de la personne.
Cette nuance est essentielle : la résidence administrative et la résidence fiscale sont deux notions différentes. Détenir un permis de résidence andorran ne suffit pas, à lui seul, à régler toutes les questions de résidence fiscale internationale.
Une personne qui conserve une activité importante, une entreprise, un foyer ou des intérêts économiques majeurs dans un autre pays peut se retrouver confrontée aux règles fiscales de plusieurs États. Dans ce cas, les conventions destinées à éviter la double imposition peuvent permettre de déterminer quel pays dispose du droit d’imposer certaines catégories de revenus. L’Andorre a conclu de telles conventions avec plusieurs États, notamment la France et l’Espagne. Leur application dépend cependant de la nature des revenus et de la situation exacte du contribuable.

Quelle fiscalité pour les non-résidents ?
Une personne qui n’est pas résidente fiscale en Andorre peut néanmoins y être imposée lorsqu’elle perçoit certains revenus considérés comme provenant du territoire andorran. C’est le rôle de l’IRNR ou l’impôt sur le revenu des non-résidents fiscaux.
Le taux général applicable à plusieurs catégories de revenus est de 10 %, mais le traitement concret dépend du type de revenu et éventuellement de l’existence d’une convention de double imposition. Le Gouvernement donne par exemple le cas d’une prestation réalisée par un conseiller non résident pour une entreprise andorrane, avec application d’une retenue de 10 % dans la situation décrite.
Il ne faut pas considérer que l’absence de résidence fiscale en Andorre signifie automatiquement l’absence d’impôt dans la Principauté. Pour un travailleur frontalier, un dirigeant de société, un propriétaire immobilier ou un prestataire étranger, les règles peuvent être différentes. Une analyse de la source exacte des revenus reste nécessaire.
Quel est le taux de l’IGI en Andorre ?
L’IGI est l’impôt indirect andorran qui se rapproche le plus de la TVA. Son taux général est de 4,5 %, ce qui explique en partie pourquoi certains prix peuvent sembler plus faibles en Andorre que dans des pays où la TVA standard est sensiblement plus élevée.
Il existe néanmoins plusieurs taux. L’administration fiscale andorrane mentionne actuellement un taux général de 4,5 %, un taux spécial de 2,5 % (transport de personnes), un taux réduit de 1 % (produits de première nécessité), un taux super-réduit de 0 % (santé publique et éducation) ainsi qu’un taux majoré de 9,5 % applicable à certaines prestations bancaires et financières. Le taux applicable dépend du bien ou du service concerné.
Pour une entreprise ou un indépendant, l’IGI ne doit pas simplement être considéré comme une taxe ajoutée aux factures. Selon l’activité exercée, des obligations de facturation, de déclaration et éventuellement de déduction de l’IGI supporté peuvent également entrer en jeu.
Une entreprise qui facture des clients en France, en Espagne ou dans un autre pays devra par ailleurs examiner les règles de territorialité applicables à ses prestations. La localisation du client ne suffit pas toujours à déterminer le traitement fiscal d’une opération.
Comment sont imposées les sociétés en Andorre ?
L’Andorre applique un impôt sur les bénéfices des sociétés. Le taux nominal général de l’impôt sur les sociétés est de 10 %. Des règles particulières peuvent cependant modifier le montant effectivement payé en fonction de la situation de l’entreprise, de ses charges déductibles, de ses éventuelles déductions ou de la nature de certaines opérations. Le Gouvernement rappelle lui-même que le taux nominal et le taux effectivement supporté par une société ne doivent pas être confondus.
Créer une société andorrane n’est pas, à lui seul, un mécanisme permettant de transférer artificiellement des bénéfices en Andorre. Pour qu’une structure soit cohérente et défendable, l’activité exercée depuis la Principauté doit correspondre à une réalité économique. La localisation de la direction, l’organisation quotidienne de l’entreprise, les personnes qui prennent les décisions et la nature des prestations réalisées sont notamment des éléments importants à examiner.
Cette question devient particulièrement sensible lorsqu’un entrepreneur quitte la France, l’Espagne ou un autre pays tout en conservant une partie substantielle de son activité dans son ancien État de résidence. Dans ce type de situation, comparer simplement le taux français ou espagnol avec le taux andorran de 10 % ne permet pas de connaître l’économie fiscale réelle. Il faut étudier l’ensemble de la structure.
Faut-il payer des impôts lorsqu’on achète un bien immobilier en Andorre ?

La fiscalité immobilière andorrane mérite aujourd’hui une attention particulière, car elle a évolué ces dernières années.
Les acquisitions immobilières peuvent notamment entrer dans le champ de l’impôt sur les transmissions patrimoniales, tandis que les cessions peuvent soulever des questions liées à la taxation des plus-values. Le régime dépend de la nature de l’opération et du profil de l’acquéreur ou du vendeur. Il serait ainsi trompeur d’affirmer qu’un achat immobilier est systématiquement taxé à un taux unique de 4 %.
La situation est encore plus spécifique pour certains investissements étrangers. Un impôt sur l’investissement étranger immobilier a été introduit en 2024 et son régime a depuis évolué. Depuis l’entrée en vigueur des modifications du 13 février 2026, le Gouvernement indique notamment que le taux applicable à certaines acquisitions relevant de l’investissement étranger est passé à 6 % pour un premier immeuble et à 10 % pour l’acquisition d'un second logement dans les situations visées par cette réglementation.
Avant une acquisition, il est préférable de déterminer le statut de l’acquéreur, la nature exacte de l’investissement, les taxes applicables à la transaction et les éventuelles conditions liées à l’investissement étranger.
Comment déclarer ses revenus en Andorre ?
Pour l’IRPF, l’administration andorrane prévoit une période de déclaration allant du 1er avril au 30 septembre de l’année suivant celle correspondant aux revenus déclarés. Toutes les personnes résidentes ne sont toutefois pas soumises exactement aux mêmes obligations déclaratives.
Le Gouvernement précise notamment les situations dans lesquelles une déclaration doit être déposée, en fonction de la nature et du montant des revenus perçus. Des obligations particulières existent par exemple en présence de revenus d’activités économiques, de certains revenus immobiliers, de revenus du capital mobilier non soumis à retenue ou encore de gains et pertes en capital. La déclaration doit être préparée à partir de la situation réelle du contribuable et non d’un modèle générique.
Conserver les justificatifs de revenus, documents bancaires, contrats, pièces relatives aux investissements ainsi que les preuves permettant d’établir sa résidence fiscale facilite considérablement la préparation de la déclaration et la réponse à une éventuelle demande de l’administration.
Pour une situation simple, les informations et formulaires disponibles auprès du Gouvernement peuvent suffire. Lorsque plusieurs pays, sociétés, investissements ou catégories de revenus sont concernés, l’intervention d’un professionnel connaissant la fiscalité andorrane et internationale devient généralement beaucoup plus pertinente.

Peut-on réellement optimiser ses impôts en Andorre ?
Oui, à condition de comprendre ce que signifie réellement « optimisation fiscale ». Une optimisation légale consiste à organiser sa situation en utilisant les règles prévues par la loi, les déductions applicables, les conventions internationales et une structure adaptée à son activité. Elle ne consiste pas à afficher artificiellement une résidence ou une société en Andorre lorsque l’essentiel de la vie personnelle ou de l’activité économique reste situé dans un autre pays.
C’est une distinction particulièrement importante pour les entrepreneurs. Le taux d’impôt sur les sociétés peut être attractif, mais une société doit correspondre à une activité réelle. De la même manière, un particulier qui souhaite devenir résident fiscal andorran doit examiner l’ensemble de ses liens personnels et économiques, et pas seulement obtenir un titre de résidence.
Une optimisation fiscale sérieuse devrait généralement commencer avant le déménagement ou la création de la société. Il est beaucoup plus simple d’étudier les conséquences d’une opération en amont que de tenter de corriger une structure mal conçue plusieurs années plus tard.

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Les conventions fiscales évitent-elles toujours la double imposition ?
Les conventions fiscales conclues par l’Andorre ont précisément pour objectif de limiter les situations dans lesquelles un même revenu pourrait être imposé deux fois. Mais cela ne signifie pas qu’un contribuable peut automatiquement choisir le pays dans lequel il souhaite payer ses impôts. Une convention détermine généralement les droits respectifs des États en fonction de critères précis : résidence fiscale, nature du revenu, lieu d’exercice d’une activité ou localisation d’un bien, par exemple.
L’Andorre dispose aujourd’hui d’un réseau de conventions fiscales avec plusieurs États. Le Gouvernement publie la liste des accords concernés et leur statut, ce qui permet de vérifier le texte applicable au pays avec lequel un contribuable conserve des liens.
Pour une personne venant de France ou d’Espagne, la convention correspondante devrait donc faire partie de l’analyse avant une expatriation, notamment en présence de revenus locatifs, de dividendes, d’une société, de rémunérations de dirigeant ou d’un patrimoine conservé dans le pays d’origine.
Que faire en cas de doute ou de désaccord fiscal ?
Une erreur fiscale n’est pas toujours liée à une volonté de dissimulation. Elle peut simplement provenir d’une mauvaise compréhension des règles, d’une déclaration incomplète ou d’une situation internationale plus complexe que prévu.
L’Andorre dispose d’un cadre administratif permettant la gestion et la révision des actes fiscaux. Le Gouvernement publie également des textes réglementaires, des formulaires, des questions fréquentes et de nombreuses consultations fiscales qui permettent de comprendre la manière dont certaines dispositions sont interprétées.
Lorsqu’une difficulté apparaît, mieux vaut vérifier rapidement son origine et réunir les documents permettant d’expliquer la situation. Pour une question importante portant sur une résidence fiscale, une entreprise, une opération immobilière ou plusieurs juridictions, un conseil personnalisé reste préférable à une réponse générique trouvée sur Internet.
L’essentiel à retenir sur la fiscalité en Andorre
La fiscalité andorrane reste attractive à plusieurs égards. Le taux général de l’IRPF est de 10 %, tout comme le taux nominal général de l’impôt sur les sociétés, tandis que le taux général de l’IGI est de 4,5 %. Mais ces chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Le montant réellement payé dépend de la nature des revenus, du statut fiscal de la personne, des déductions éventuellement applicables et des relations avec d’autres pays. Dans certains cas, il faut tenir compte des règles spécifiques telles que celles concernant l’investissement immobilier étranger.
Avant de déménager, créer une société ou acheter un bien, il est utile de vérifier les textes en vigueur et, lorsque les enjeux sont importants, de faire valider la structure envisagée par un professionnel qualifié. Cette précaution permet non seulement de rechercher une fiscalité adaptée, mais surtout de construire une situation cohérente, documentée et durable.
