
Créer une société en Andorre avec un comptable fiscaliste : démarches, fiscalité et points de vigilance
Créer une société en Andorre peut être intéressant pour un entrepreneur qui souhaite développer une activité internationale, mais le projet mérite d’être abordé autrement que sous le seul angle de la fiscalité. Une imposition plus faible ne suffit pas, à elle seule, à rendre une implantation pertinente. Il faut aussi tenir compte de l’activité réellement exercée, du lieu depuis lequel l’entreprise est dirigée, de la résidence fiscale de ses associés, des obligations comptables et des relations bancaires.
C’est précisément sur ces sujets qu’un comptable fiscaliste connaissant le droit andorran peut apporter de la valeur. Son rôle n’est pas simplement de chercher le taux d’imposition le plus bas. Il doit surtout aider à construire une organisation cohérente, conforme et défendable au regard de la situation réelle de l’entrepreneur.
Pourquoi se faire accompagner pour créer une société en Andorre ?
L’Andorre attire des entrepreneurs français, espagnols et internationaux en raison de son environnement fiscal, de sa situation géographique et de son cadre entrepreneurial. Pour autant, constituer une société dans la Principauté ne revient pas simplement à déposer quelques documents et à ouvrir un compte bancaire.
Le premier travail consiste à déterminer si l’Andorre correspond réellement au fonctionnement de l’activité. Un consultant qui exerce seul, une entreprise d’e-commerce réalisant des ventes dans plusieurs pays et une société technologique qui emploie une équipe internationale n’auront ni les mêmes contraintes fiscales ni les mêmes besoins juridiques.
Le comptable fiscaliste doit intervenir idéalement avant la constitution de la société. Il peut examiner la provenance des revenus, le pays de résidence des dirigeants et des associés, les flux financiers prévus, la rémunération du dirigeant, les éventuelles distributions de dividendes et les obligations fiscales qui peuvent subsister dans d’autres États.
Cette vérification est particulièrement importante pour les entrepreneurs qui quittent la France ou qui continuent à y exercer une partie de leur activité. Constituer une société en Andorre ne détermine pas automatiquement la résidence fiscale de son dirigeant et ne fait pas disparaître les règles relatives aux activités exercées dans un autre pays. La convention fiscale entre la France et l’Andorre traite notamment de la résidence fiscale et de la notion d’établissement stable, deux sujets qui doivent être analysés séparément de la simple adresse du siège social.

Quelle fiscalité pour une société en Andorre ?
L’un des principaux éléments d’attractivité de la Principauté reste son impôt sur les sociétés. Le taux général de l’impôt sur les sociétés andorran est actuellement fixé à 10 %. Des régimes particuliers et des règles spécifiques peuvent toutefois modifier le montant effectivement dû selon la nature des revenus, les déductions applicables ou le régime fiscal de l’entreprise.
Il est donc préférable de parler d’un taux général de 10 % plutôt que de promettre systématiquement une imposition effective inférieure. Le montant final dépend de la situation fiscale réelle de la société.
L’Andorre applique également un impôt indirect appelé IGI, comparable dans son fonctionnement général à la TVA. Son taux général est de 4,5 %. D’autres taux existent, notamment 0 %, 1 %, 2,5 % et 9,5 %, selon la nature de l’opération concernée.
Pour une entreprise qui vend des services ou des produits à l’international, ce taux de 4,5 % ne signifie cependant pas que toutes les factures seront automatiquement soumises à l’IGI andorran. Le traitement dépend notamment du type de prestation, du lieu du client, de son statut professionnel ou particulier et des règles de territorialité applicables. Cette question mérite une attention particulière pour les activités numériques, le conseil, les logiciels, les plateformes en ligne ou l’e-commerce.
Les dividendes nécessitent la même prudence. Des mécanismes d’exonération existent dans le droit fiscal andorran, notamment dans certaines situations de participation entre sociétés, mais leur application dépend de conditions précises. Une consultation fiscale publiée par l’administration andorrane en 2025 rappelle par exemple que certaines exonérations liées aux dividendes sont soumises à des conditions matérielles et formelles cumulatives. Présenter les dividendes comme systématiquement exonérés serait donc trompeur.
L’Andorre a également conclu plusieurs conventions destinées à éviter les doubles impositions, notamment avec la France, l’Espagne et le Portugal. Ces conventions ne constituent pas des exonérations générales : elles servent à déterminer quel État dispose du droit d’imposer certains revenus et selon quelles modalités.
Cotisations sociales : comprendre ce que représente réellement le taux de 22 %
Pour les salariés relevant du régime général andorran, la CASS indique actuellement une cotisation totale de 22 % du salaire. La part supportée par le salarié représente 6,5 %, tandis que la part patronale représente 15,5 %.
Ce chiffre mérite néanmoins d’être replacé dans son contexte. Il ne doit pas être appliqué indistinctement à un dirigeant, un indépendant ou un associé exerçant une activité pour son propre compte. La CASS prévoit des règles propres aux travailleurs indépendants et aux différents statuts professionnels. Le coût social réel doit donc être calculé à partir de la situation de la personne concernée et non à partir d’un simple comparatif avec la France ou l’Espagne.
C’est typiquement le genre de détail qui peut transformer une simulation fiscale séduisante sur le papier en un projet beaucoup moins avantageux une fois l’ensemble des prélèvements et obligations pris en compte.
SL, SLU, SA ou SAU : quelle société choisir en Andorre ?
Les principales formes de sociétés commerciales proposées aux entrepreneurs sont la société limitée, ou SL, et la société anonyme, ou SA. Elles peuvent également être constituées sous une forme unipersonnelle, respectivement SLU et SAU. Le choix de la structure est effectué dès la procédure de réservation de la dénomination sociale.
La SL est généralement adaptée aux petites et moyennes entreprises, aux consultants, aux entreprises familiales et à de nombreux projets entrepreneuriaux. Son capital social minimum est de 3 000 euros. La responsabilité des associés est en principe limitée à leurs apports.
La SA répond davantage à des projets nécessitant un capital important, un actionnariat plus structuré ou une organisation destinée à accueillir plusieurs investisseurs. Son capital social minimum est fixé à 60 000 euros.
Le choix ne doit cependant pas reposer uniquement sur le montant du capital. La gouvernance souhaitée, l’arrivée future d’investisseurs, la nature de l’activité, les besoins bancaires, la stratégie de rémunération et la manière dont l’entreprise pourra évoluer doivent également être pris en compte.
Le Gouvernement andorran précise d’ailleurs qu’une société peut être administrée par différentes formes d’organes de gestion, comme un administrateur unique, plusieurs administrateurs ou un conseil d’administration.
Comment se déroule concrètement la création d’une société en Andorre ?

La création d’une société suit un processus administratif structuré. Pour un entrepreneur étranger, la première difficulté n’est pas nécessairement la rédaction des statuts, mais la constitution d’un dossier cohérent permettant d’expliquer clairement qui investit, dans quelle activité et avec quels fonds.
La procédure commence par la réservation de la dénomination sociale. Le demandeur doit proposer plusieurs noms et préciser l’objet de la future société ainsi que sa forme juridique. Le portail gouvernemental indique actuellement une taxe de 5,69 euros pour cette demande.
Lorsqu’une personne physique ou morale étrangère non résidente souhaite constituer une société andorrane, une autorisation d’investissement étranger direct doit ensuite être demandée. Le Gouvernement indique actuellement une taxe administrative de 300 euros pour cette procédure.
Cette étape mérite aujourd’hui une attention particulière. Le cadre de l’investissement étranger s’est renforcé et les autorités examinent plus attentivement la nature et la valeur économique des projets. Le Gouvernement indiquait en 2026 une hausse du nombre de demandes d’investissement étranger refusées au cours des années précédentes. Cela signifie qu’un projet sérieux doit être documenté et cohérent dès sa présentation.
Une fois les autorisations nécessaires obtenues, le capital social doit être déposé auprès d’un établissement bancaire andorran. La banque délivre alors le certificat nécessaire à la constitution. Cette phase implique généralement des vérifications sur l’identité des associés, les bénéficiaires effectifs, l’origine des fonds et l’activité envisagée.
Il est difficile de promettre un délai bancaire universel. Le temps nécessaire dépend fortement du profil des associés, de leur pays de résidence, de la provenance des fonds, du secteur d’activité et de la qualité des documents transmis. Présenter une durée fixe de deux, quatre ou huit semaines comme une norme serait donc peu fiable.
La constitution se poursuit ensuite devant un notaire. Les documents d’identification, les autorisations obtenues, le certificat bancaire relatif au capital et les informations sur les bénéficiaires effectifs font partie des éléments demandés dans le cadre de cette phase. Une fois l’acte authentifié, le notaire transmet la constitution au Registre des sociétés mercantiles pour son inscription.
Le siège social de la société doit être établi en Andorre. Après l’immatriculation, d’autres démarches peuvent encore être nécessaires pour permettre l’exercice effectif de l’activité, notamment auprès des administrations fiscales, sociales et du registre du commerce selon la situation de l’entreprise.
Combien coûte réellement la création d’une société en Andorre ?
C’est une question fréquente et l’une de celles pour lesquelles il faut se méfier des forfaits présentés comme universels. Certains coûts publics peuvent être vérifiés précisément. À ces montants peuvent s’ajouter d’autres taxes administratives, les honoraires du notaire, les frais bancaires et les honoraires des professionnels qui accompagnent la constitution. Le capital social de 3 000 euros pour une SL ou de 60 000 euros pour une SA doit être distingué d’un coût classique : il s’agit du capital de la société, et non d’un honoraire versé à l’administration.
En revanche, il n’existe pas de tarif universel pour un comptable fiscaliste, un avocat ou un accompagnement de création. Le coût dépend du nombre d’associés, de la complexité du dossier, de l’activité, des flux internationaux, du nombre de salariés et de l’étendue de la mission confiée au cabinet. Pour rester transparent, mieux vaut demander un devis qui distingue clairement les taxes publiques, les honoraires du notaire, les services juridiques, la comptabilité et les éventuels frais de domiciliation.
Cette distinction évite une mauvaise surprise assez courante : comparer deux offres dont l’une inclut seulement la constitution juridique et l’autre la banque, la fiscalité, la comptabilité et le suivi administratif pendant plusieurs mois.
Quelles sont les obligations comptables et fiscales après la création ?
La création de la société n’est que le début. Une société andorrane doit ensuite tenir une comptabilité conforme aux règles locales et satisfaire à ses obligations déclaratives.
Le Gouvernement rappelle que les comptes annuels doivent refléter fidèlement le patrimoine, la situation financière et les résultats de l’entreprise. Le dépôt des comptes annuels constitue une obligation pour les sociétés concernées.

La tenue comptable est particulièrement importante pour les entreprises qui encaissent de nombreux paiements internationaux. Une société d’e-commerce, un éditeur de logiciels ou une agence travaillant avec plusieurs plateformes doit être en mesure de rapprocher ses factures, ses encaissements, ses remboursements et ses frais de paiement. L’objectif n’est pas simplement de « faire la comptabilité » à la fin de l’année, mais de pouvoir expliquer chaque flux financier.
La périodicité des déclarations d’IGI dépend notamment du chiffre d’affaires. Selon les informations officielles actuellement publiées, une entreprise dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 250 000 euros relève normalement d’une liquidation semestrielle. En dessous de 3,6 millions d’euros, la liquidation est trimestrielle. À partir de 3,6 millions d’euros, elle devient mensuelle.
Pour l’impôt sur les sociétés, la base imposable part du résultat comptable auquel sont appliquées les corrections prévues par la législation fiscale andorrane. Le taux général est de 10 %, mais le calcul de la somme réellement due ne se résume donc pas à multiplier le bénéfice comptable par 10 %.

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Pourquoi le comptable fiscaliste devient indispensable pour une activité internationale ?
Pour une petite société locale avec peu d’opérations, la comptabilité peut rester relativement simple. La situation change rapidement lorsque les clients, fournisseurs, associés ou plateformes de paiement se trouvent dans plusieurs pays.
Un e-commerçant doit par exemple suivre la localisation de ses ventes, les règles d’imposition indirecte applicables et ses flux de paiement. Un consultant doit s’intéresser au lieu où ses services sont effectivement réalisés et à sa propre résidence fiscale. Une entreprise technologique peut devoir traiter des contrats internationaux, des actifs incorporels, des salariés à distance ou plusieurs sources de revenus.
Le comptable fiscaliste sert alors de point de coordination entre la réalité économique de l’entreprise et ses obligations déclaratives. Dans les dossiers complexes, il travaille souvent avec un avocat, un notaire ou la banque lorsque la question dépasse son propre champ de compétence. Un bon professionnel ne prétend pas maîtriser seul le droit fiscal, le droit des sociétés, le droit de l’immigration, les problématiques bancaires et toutes les conventions internationales. Il identifie ce qui relève de son expertise et fait intervenir le spécialiste approprié lorsque cela est nécessaire.
Créer une société en Andorre ne signifie pas « payer moins d’impôts »
L’Andorre dispose objectivement d’un cadre fiscal compétitif, avec un taux général d’impôt sur les sociétés de 10 % et un taux général d’IGI de 4,5 %. Mais ces chiffres ne permettent pas, à eux seuls, de conclure qu’un entrepreneur gagnera à déplacer son activité.
La bonne question consiste plutôt à déterminer si l’entreprise peut fonctionner réellement depuis l’Andorre, si son organisation est compatible avec les règles fiscales des pays dans lesquels elle intervient et si les économies potentielles compensent les coûts, les contraintes administratives et les changements personnels qu’implique une implantation à l’étranger.
Pour un entrepreneur qui souhaite effectivement développer son activité depuis la Principauté, disposer d’une structure locale cohérente et respecter les obligations fiscales andorranes, la création d’une société peut avoir du sens. Pour une personne qui continuerait à vivre, travailler et diriger toute son activité depuis un autre pays tout en utilisant uniquement une société andorrane pour bénéficier de son taux d’imposition, l’analyse est beaucoup plus délicate.
C’est pourquoi le premier rendez-vous avec un comptable fiscaliste ne devrait pas commencer par « combien vais-je économiser ? », mais par une description précise de l’activité, des clients, du lieu de travail, des associés et des flux financiers.
Faire valider le projet avant de constituer la société
Avant toute constitution, il est utile de faire examiner le projet dans son ensemble : situation personnelle des associés, résidence fiscale, activité réelle, pays des clients, prévision de chiffre d’affaires, rémunération du dirigeant, besoins bancaires, capital nécessaire et éventuelles distributions de bénéfices.
Cette analyse en amont permet souvent d’éviter les corrections les plus coûteuses. Modifier une structure après sa création, découvrir qu’une activité nécessite une autorisation particulière ou constater trop tard qu’un flux reste imposable dans un autre État peut coûter bien davantage qu’un accompagnement professionnel réalisé dès le départ.
Une société andorrane bien structurée n’est donc pas simplement une société bénéficiant d’un taux d’imposition attractif. C’est une entreprise dont la forme juridique, la fiscalité, la gouvernance, la comptabilité et la réalité opérationnelle racontent la même histoire.
C’est cette cohérence qui rend le projet plus solide, aussi bien auprès de l’administration que d’une banque, d’un partenaire commercial ou d’un futur investisseur.
